Voici à tête reposée un retour du séminaire sur l'Accessibilité en Europe.
Pour les informations sur la totalité de la journée, consultez le compte-rendu de François Palaci, il y résume bien ce qu'il s'est dit.
L'intérêt d'un tel séminaire est de présenter différents points de vue et d'organiser une sorte de variation sur un même thème. Voici ce que je retiens de cette journée.
L'accessibilité améliore le référencement
C'est un point qui fait l'unanimité, notamment pour le Ministère de la Santé des Pays-Bas, pour Le Grand Chalon, et pour IBM sur son Intranet mondial. Les deux premiers pensent à google, tandis qu'IBM pense à son moteur de recherche, devenu (dixit les utilisateurs) bien plus efficace.
Les points techniques soulevés sont en fait la séparation du fond et de la forme, ainsi que la sémantique. Une fois le contenu "nettoyé" des balises de mise en page, et structuré de manière logique, l'automate d'indexation se trouve dans les meilleures conditions pour saisir le sens du document.
L'accessibilité diminue les coûts d'hébergement
La mise en oeuvre de l'accessibilité sur l'intranet mondial d'IBM a permis de diminuer la taille moyenne des pages de 25 à 30%, voire de 51% dans certains cas. Sachant que la bande passante représente un des postes de dépense les plus importants pour IBM, et que l'intranet représente un million de pages vues par jour, on prend la mesure des gains réalisés.
L'accessibilité augmente la productivité
Un autre point soulevé par plusieurs intervenants dont IBM et le Ministère de la Santé des Pays-Bas. Etant donné que le fond est séparé de la forme, les mise à jours sont simplifiées. Les allers-retours entre les producteurs de contenu et les designer sont évités, et tout le monde gagne en rapidité.
De plus, un site accessible étant (j'ai envie de dire par nature) multi-plateforme, la gestion des cas particuliers est simplifiée.
L'accessibilité augmente la satisfaction utilisateur
Une amélioration globale de l'ergonomie est constatée par plusieurs intervenants. De fait, une fois les contenus organisés et surtout structurés, l'information est plus accessible. Les services publiques comme le Ministère de la Santé des Pays-Bas ou le Portail de l'Administration Autrichienne se sont montrés très sensibles à la satisfaction de leurs utilisateurs.
Par ailleurs, IBM nous offre un résultat intéressant, issu de l'étude de satisfaction des utilisateurs après le migration du nouvel intranet. Bon nombre d'utilisateurs valides déclarent gagner entre un quart d'heure et une heure par semaine grace au nouvel intranet. On imagine facilement ce que cela représente pour les utilisateurs handicapés. De plus, ce résultat prouve par la pratique que l'accessibilité profite non seulement aux personnes handicapées, mais aussi à tout un chacun.
Bonnes idées en vrac
- Le Danemark a publié un "kit" pour les marchés publics dont l'objet est de définir des bonnes pratiques, et l'accessibilité numérique y figure.
- L'étude comparative de l'accessibilité dans quatre pays d'Europe, nous apprend que l'interprétation d'une telle étude n'est pas chose facile. Le principal problème étant la communication entre automates, ce qui est le coeur de l'accessibilité: rendre un contenu présenté par une machine compréhensible par une aide technique)
- La Suède a publié un guide sur l'accessibilité numérique et les bonnes pratiques associées.
- Tous les intervenants s'accordent sur le fait qu'il n'y a qu'une seule norme pour l'accessibilité numérique: les WCAG. Par contre, les méthodes d'application (AccessiWeb, BlindSurfer, Design4all...) diffèrent d'un pays à l'autre. Une harmonisation est nécessaire, et c'est dans cette optique que le projet Support-EAM a été créé (projet déjà présenté).
- Pour finir dans un autre registre, après avoir passé cette journée avec Stéphane, il m'apprend qu'il va à @media, et ce n'est pas normal
